Les principaux impacts biophysiques de l’élévation du niveau de la mer et de la variabilité accrue des précipitations sont un accroissement de l’érosion côtière, des inondations généralisées sur les côtes, des tempêtes plus violentes, une salinisation des eaux de surface et souterraines, la disparition des marécages (Deuxième Rapport d'Evaluation du GIEC).

D'autres facteurs liés aux changements climatiques peuvent entraîner des changements considérables des ressources hydrauliques et énergétiques (par l’inondation des zones deltaïques pétrolifères et les modifications des bassins provoquant des perturbations dans la production hydroélectrique), des mouvements océaniques, notamment les remontées d’eau, mais ils peuvent également aggraver la sécheresse et la désertification. Les principaux écosystèmes côtiers vulnérables sont les mangroves et les récifs coralliens. Les mangroves sont fortement dépendantes des variations du niveau de la mer, mais aussi des précipitations et de la salinité. Par conséquent, l’on s’attend à leur migration ou disparition si un glissement latéral n’est pas possible ou si la salinité est trop élevée. Toutefois, d’autres facteurs tels que la topographie de la zone et le rythme de sédimentation auront leur importance dans la réaction des mangroves face à l’élévation du niveau de la mer.

Pour la région de l’Afrique de l’Est ainsi que pour la côte atlantique africaine,  les impacts suivants dus changements climatiques sur les principales activités économiques des zones côtières ont identifiés :

  • Les produits halieutiques seront affectés par la dégradation/disparition des écosystèmes tels que les mangroves qui servent de frayères, de lieux de reproduction et de protection pour un certain nombre d’espèces de poissons, ainsi que par les changements de température de la surface de la mer, l’intensité et la zone des remontées d’eau qui modifieront la répartition des espèces ;
  • L’agriculture sera affectée – parfois positivement – par les modifications de la concentration de CO2 dans l’atmosphère, la température et les précipitations qui modifieront la répartition géographique des zones agroécologiques compte tenu de la vulnérabilité de la plupart des cultures aux paramètres climatiques. Dans les zones côtières, l’élévation du niveau de la mer entraînera également la salinisation des sols, des eaux de surface et souterraines, affectant inéluctablement les terres cultivables. L’inondation perpétuelle entraînera la perte de ces dernières dans un certain nombre de zones côtières ;
  • Les infrastructures côtières (telles que les routes et les ports) sont menacées par l’inondation et l’érosion côtière provoquées par l’élévation du niveau de la mer. Pour les mêmes raisons, les villes et villages côtiers seront menacés et certaines populations riveraines déplacées ;
  • Le tourisme, qui dépend essentiellement des plages (soleil et sable), sera touché par une accélération de l’érosion côtière due à l’élévation du niveau de la mer, réduisant ainsi le nombre de sites adaptés pour le tourisme balnéaire. Les infrastructures touristiques longeant la côte seront également affectées, ainsi qu’un certain nombre de sites historiques.

Le troisième rapport d’évaluation du GIEC (Groupe intergouvernemental sur les changements climatiques) a reconnu ces menaces et indique que ''les littoraux tropicaux et sous-tropicaux, notamment dans les zones subissant la pression des activités humaines, sont très exposés aux méfaits du réchauffement de la planète''.